Consolidation de toutes les McLaren 675LT observées par L'Observatoire entre le 25 avril et le 12 août 2026. Publié le 27 juillet, relu et rechiffré le 12 août — voir la note de révision en fin de page.
Le modèle
La 675LT est la version allégée et retravaillée de la 650S, présentée à Genève en mars 2015 : « LT » pour Long Tail, en référence aux F1 GTR à empattement rallongé engagées en 1997. Un tiers de la voiture est nouveau par rapport à la 650S, et près de la moitié du V8 M838TL. L'ensemble perd 100 kg, gagne 40 % d'appui aérodynamique, et reçoit des éléments de liaison au sol dérivés de la P1.
McLaren en a produit 500 coupés, puis 500 spiders. Les deux séries sont parties avant d'avoir été essayées : les 500 coupés étaient tous vendus en juillet 2015, avant qu'un journaliste ait officiellement pris le volant ; les 500 spiders ont été écoulés en deux semaines, en décembre de la même année. Dix ans plus tard, ce volume clos et connu se lit directement dans la rareté de l'offre.
Sur le marché français de l'occasion d'exception, L'Observatoire n'en a vu passer que huit en trois mois et demi.
Pourquoi celle-là
La critique spécialisée en a fait un point de bascule dans l'histoire de la marque. Avant elle, les McLaren de route étaient créditées d'une efficacité clinique et d'un déficit d'émotion. PistonHeads découpe aujourd'hui l'histoire de McLaren Automotive en deux périodes, avant et après la Longtail ; Le Moniteur Automobile écrivait dès 2015 qu'elle apportait le supplément d'implication qui manquait à la 650S.
Trois éléments reviennent d'une source à l'autre.
La filiation P1. Mike Flewitt, alors directeur général de McLaren Automotive, présentait la voiture comme « the closest thing there is to a McLaren P1 ». La formule est commerciale, mais elle est matériellement adossée : triangles de suspension, jantes et sièges carbone dérivés de l'hypercar. Paul Saunders, dix ans chez McLaren et cofondateur de V Engineering, décrit dans evo le cahier des charges comme celui d'une P1 sans l'hybridation.
La direction. Hydraulique, démultipliée à 13,9:1 — un rack plus rapide que celui de la P1. C'est ce que la presse retient dix ans après, et c'est ce qui fait parler de la 675LT comme de la dernière McLaren analogique : la 600LT qui lui succède abandonne la suspension hydraulique interconnectée du Super Series.
Le classement. En juillet 2026, evo place la 675LT au quatrième rang des meilleures McLaren de tous les temps, derrière les seules F1, P1 et W1 — soit première des McLaren qui ne sont pas des hypercars. Andrew Frankel, après avoir comparé les trois LT pour leurs dix ans, la préfère à la 765LT pourtant plus puissante et plus rapide. Une voiture qui monte dans les classements en vieillissant est un signal plus solide qu'une prévision de cote.
Ces jugements sont ceux de la presse spécialisée, et ils convergent depuis dix ans. The Intercooler va plus loin et juge la 675LT sous-évaluée d'environ 100 000 £ face à une Ferrari 458 Speciale pourtant produite en plus grand nombre — et sans chiffre de production publié, là où les 1 000 675LT sont un volume connu et définitivement clos.
C'est le contexte dans lequel il faut lire ce qui suit : sur le marché français, les prix affichés ne bougent pas.
Le marché en quelques chiffres
Relevé au 12 août 2026.
| Exemplaires observés | 8 (3 coupés · 5 spiders) |
| Encore en vitrine | 5 |
| Sorties du marché | 3 |
| Baisses de prix affichées | 0 |
| Coupé (N = 3) | 249 900 € – 259 980 € (médiane 259 900 €) |
| Spider (N = 4, hors collector) | 264 900 € – 334 900 € (médiane 294 940 €) |
| Pic collection | 590 000 € (Carbon Series 1/25) |
Les effectifs sont trop courts pour parler de distribution : trois coupés ne font pas une bande de prix, et la médiane spider porte sur quatre voitures. Ces chiffres décrivent ce qui a été vu, pas un marché statistique.
Le fait marquant : pas une seule décote en trois mois
Sur l'ensemble de la fenêtre d'observation, aucune des huit annonces n'a bougé son prix. Pas un ajustement, pas une remise affichée, y compris sur l'annonce la plus ancienne du panel. Le constat de juillet portait sur six voitures ; deux sont arrivées depuis, et il tient toujours.
C'est inhabituel. Sur le reste du panel, les ajustements se comptent par centaines : la lettre de juin en recensait 113, pour 981 270 € de correction cumulée. Sur la 675LT, rien. Les maisons tiennent leurs positions, et les trois ventes de la période se sont faites au prix affiché.
L'explication tient sans doute moins à la demande qu'à l'offre : sur un modèle à 1 000 exemplaires mondiaux toutes carrosseries confondues, une maison qui détient une 675LT n'a pas de concurrent immédiat à qui céder du terrain. Attendre coûte moins cher que baisser.
Prix et kilométrage
Chaque point est un exemplaire observé. La Carbon Series 1/25 est incluse ici — c'est elle, tout en haut, qui montre à quel point elle sort de la bande courante.
Le nuage se lit en deux temps. Sur les spiders, le compteur ordonne les prix : du plus préservé (6 850 km, 334 900 €) au plus roulé (32 300 km, 264 900 €), l'écart de kilométrage de 25 450 km s'accompagne de 70 000 € d'écart de prix affiché. Sur les coupés, la même pente existe mais bien plus plate — 24 435 km d'écart pour 10 080 € seulement.
Deux réserves à garder en tête avant d'y voir une règle. D'abord les effectifs : quatre spiders standards et trois coupés ne permettent pas d'estimer une décote au kilomètre. Ensuite, le kilométrage n'est pas seul en cause — millésime, configuration, historique d'entretien et options carbone pèsent sur des voitures dont le prix catalogue pouvait varier de plusieurs dizaines de milliers d'euros à l'état neuf.
Le coupé arrivé en août rend la pente plus plate encore : à 4 900 km, le moins roulé du panel toutes carrosseries confondues, il est affiché 80 € au-dessus d'un exemplaire qui en compte 14 300. Sur les coupés, le compteur n'ordonne plus rien.
Ce que le graphique montre en revanche sans ambiguïté, c'est la position de la Carbon Series : à 590 000 € pour 8 950 km, elle ne prolonge pas la courbe, elle en sort.
Le coupé — trois exemplaires, dix mille euros d'écart
Deux coupés sont chez CMS Auto : une 2015 à 259 900 € (14 300 km) et une 2016 à 249 900 € (29 335 km). Le troisième est arrivé le 7 août chez BEMA Vitesse : une 2017 à 259 980 €, 4 900 km. Les trois sont en vitrine, aucun n'est encore sorti.
Le coupé de BEMA défait l'ordre qu'on attendait. En juillet, la moins roulée des deux CMS était la plus chère, et cela ressemblait à une règle. Avec 9 400 km de moins que cette dernière et 80 € de plus, le nouvel exemplaire dit surtout que sur N = 3, le compteur n'explique pas le prix.
Le spider — plus cher, et plus dispersé
Le spider se paie sensiblement plus cher que le coupé, à production pourtant identique : de 264 900 € à 334 900 €, médiane à 294 940 € sur quatre exemplaires standards. Soit 35 040 € au-dessus du point médian des trois coupés (259 900 €) — un écart qui, sur d'aussi petits effectifs, décrit ces huit voitures et rien de plus.
La dispersion y est aussi plus forte, et elle suit le kilométrage : le haut de bande est tenu par l'exemplaire le moins roulé du panel — 6 850 km, chez Moteur & Sens, à 334 900 €. Le bas de bande, à 264 900 € chez Dream Car Performance, affiche 32 300 km. Le kilométrage moyen des spiders (13 520 km) reste nettement inférieur à celui des coupés (16 178 km), ce qui suggère des voitures davantage conservées que conduites — mais l'écart s'est resserré depuis juillet, précisément parce que le coupé arrivé en août n'a presque pas roulé.
Les trois ventes de la période
Trois spiders sont sortis du marché, et aucun des trois n'avait ajusté son prix.
- 675LT Spider Titanium Silver 2017, 9 600 km, chez L'Art de l'Automobile, partie à 289 900 € après 38 jours d'exposition. C'était la seule vente au moment de la publication de juillet.
- 675LT Spider 2017, 6 850 km, chez Moteur & Sens, partie à 334 900 € après 53 jours — le haut de la bande spider.
- 675LT Spider 2016, 32 300 km, chez Dream Car Performance, partie à 264 900 € après 98 jours — le bas de la bande.
Les deux extrémités de la bande sont donc parties à quelques jours d'intervalle, début août, chacune à son prix d'affichage. Ce qui restait à l'écran après leur départ n'est plus la même offre : les deux spiders encore en vitrine sont la Carbon Series à 590 000 € et le nouvel exemplaire de BEMA Vitesse à 299 980 €.
Il faut noter la durée : 98 jours pour le bas de bande contre 38 pour la médiane. Sur trois ventes, cela ne fonde rien — mais c'est la seule mesure de vitesse dont ce dossier dispose, et elle ne pointe pas vers le prix le plus bas.
À part — la MSO « Carbon Series » 1 of 25
Chez Moteur & Sens, une 675LT Spider MSO Carbon Series, l'une des 25 produites, affichée à 590 000 €. Plus du double d'un spider standard.
Elle ne relève plus du marché courant mais de la collection, et elle est exclue de toutes les statistiques de bande de ce dossier pour ne pas fausser la lecture. Elle est aussi l'annonce la plus ancienne du panel 675LT — cohérent avec le rythme d'un objet de cette nature.
Les huit exemplaires
| Photo | Exemplaire | Maison | Km | Prix affiché | Suivi | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|
![]() | 2017 SpiderCarbon Series 1/25 | Moteur & Sens | 8 950 km | 590 000 € | 116 j | En stock |
![]() | 2017 Spider | Moteur & Sens | 6 850 km | 334 900 € | 53 j | Vendu |
![]() | 2017 Spider | BEMA Vitesse | 9 900 km | 299 980 € | 12 j | En stock |
![]() | 2017 Spider | L'Art de l'Automobile | 9 600 km | 289 900 € | 38 j | Vendu |
![]() | 2016 Spider | Dream Car Performance | 32 300 km | 264 900 € | 98 j | Vendu |
![]() | 2017 Coupé | BEMA Vitesse | 4 900 km | 259 980 € | 12 j | En stock |
![]() | 2015 Coupé | CMS Auto | 14 300 km | 259 900 € | 105 j | En stock |
![]() | 2016 Coupé | CMS Auto | 29 335 km | 249 900 € | 61 j | En stock |
La profondeur du marché
Huit voitures sur trois mois et demi, mais jamais huit en même temps. Le graphique ci-dessous compte les exemplaires simultanément en vitrine, semaine par semaine : c'est la mesure la plus honnête de ce qu'un acheteur avait réellement sous les yeux à un instant donné.
Nombre d'exemplaires simultanément en vitrine sur le panel, semaine par semaine.
Références
Les éléments de contexte sur le modèle et son statut proviennent des sources ci-dessous. Elles sont citées telles qu'elles ont été publiées ; les jugements de valeur restent ceux de leurs auteurs.
Presse anglophone
- Dan Prosser, « Man Maths: McLaren 675LT », The Intercooler, 31 mai 2025 — la thèse de sous-valorisation face à la 458 Speciale.
- Andrew Frankel, « The Light Fantastics: McLaren LT group test », The Intercooler, 3 avril 2025 — comparatif des trois LT ; la 675LT préférée à la 765LT.
- « McLaren 675LT (2015-2017) review », evo, 17 avril 2026 — essai rétrospectif cinq étoiles, avec le témoignage d'un ancien ingénieur McLaren.
- « Best McLarens ever », evo, 13 juillet 2026 — la 675LT quatrième, derrière F1, P1 et W1.
- Jason Barlow, « Big Read: is the 675LT McLaren's best road car since the F1? », Top Gear, 18 septembre 2015 — source du « tiers de la voiture est nouveau » et de la citation de Mike Flewitt.
- Matt Saunders, « McLaren 675LT vs Porsche 911 GT3 RS », Autocar, 15 août 2015 — verdict nuancé : la McLaren l'emporte sur route, la Porsche sur circuit.
- « McLaren marks a golden decade of Longtail », PistonHeads, 3 mars 2025 — l'histoire de la marque lue en deux périodes.
Presse francophone
- Maxime Kossmann, « Offrez-vous la McLaren 675LT Spider de Sébastien Loeb », L'Argus, 24 août 2023 — le modèle décrit comme déjà collector.
- Patrick Garcia, « McLaren 675 LT, la plus rapide des Super Series », Caradisiac, 25 février 2015 — source française du tiers de pièces exclusives et du moteur revu à plus de 50 %.
- Xavier Daffe, « Essai McLaren 675LT Spider : British concerto pour V8 », Le Moniteur Automobile, 13 avril 2016 — confirme le rythme d'épuisement des deux séries.
- « Essai McLaren 675LT : chirurgicale », Le Moniteur Automobile — le supplément d'implication qui manquait à la 650S.
- Mathieu Sentis, « McLaren 675LT Spider : prix, fiche technique », L'Argus, 7 décembre 2015 — tarif France du Spider à l'état neuf.
- Samuel Morand, « La nouvelle McLaren 675LT à Genève », Motorlegend, 28 janvier 2015 — la filiation F1 GTR Longtail 1997.
Note méthodologique
Ce dossier repose sur le relevé quotidien des stocks publics des maisons du panel par L'Observatoire, entre le 25 avril et le 12 août 2026. Le périmètre couvre toutes les McLaren 675LT observées sur la période, en stock comme retirées du marché. Un véhicule est considéré « vendu » lorsqu'il disparaît du stock d'une maison entre deux observations ; la sortie réelle se situe entre la dernière observation et le seuil de péremption. Les prix indiqués sont les derniers prix publics affichés — ils ne reflètent pas nécessairement le prix de transaction final (remises, reprises, financement). Le classement coupé / spider s'appuie sur la désignation de l'annonce. Les statistiques de bande (plancher / médiane / plafond) excluent la 675LT Spider MSO « Carbon Series » 1 of 25, conservée à part comme valeur de collection. Les effectifs par carrosserie (N = 3 coupés, N = 4 spiders standards) sont indiqués partout où un agrégat est cité : ils sont trop courts pour fonder une statistique de marché. Les durées d'exposition sont comptées depuis la première observation par L'Observatoire, et non depuis la mise en vente réelle : le panel ayant ouvert le 3 mars 2026, l'ancienneté antérieure n'est pas connue. Le point de comparaison de juin 2026 (113 baisses, 981 270 €) est repris du bilan mensuel publié sur cette même page.
Les sections « Le modèle » et « Pourquoi celle-là » ne reposent pas sur les relevés de L'Observatoire mais sur les publications listées en références : caractéristiques techniques, tarifs à l'état neuf et jugements de presse. Ces éléments n'ont pas été vérifiés indépendamment et sont attribués à leur source ; les appréciations de valeur restent celles de leurs auteurs.
Le tableau des exemplaires et les deux graphiques sont alimentés en direct par le relevé : ils reflètent l'état du panel à l'heure de la lecture, et non celui du jour de publication. Le texte, lui, est figé à sa date de dernière révision — le 12 août 2026. Les deux finiront donc par diverger à nouveau : chaque chiffre cité dans le texte porte cette date, et c'est le tableau qui fait foi le jour où vous lisez. Les prix et les kilométrages cités sont ceux observés au 12 août ; aucun n'a bougé depuis la première observation de son annonce.
Révision du 12 août 2026 : les chiffres du texte sont recalculés sur la fenêtre étendue au 12 août. Le panel passe de six à huit exemplaires — deux voitures entrées le 7 août chez BEMA Vitesse, un coupé à 259 980 € et un spider à 299 980 € — et de une à trois sorties du marché : les deux extrémités de la bande spider sont parties début août, chacune à son prix affiché. La médiane spider passe de 289 900 € à 294 940 €, celle des coupés de 254 900 € à 259 900 €. Le constat central du dossier — pas une baisse de prix affichée, pas une vente en dessous du prix demandé — est inchangé et couvre désormais huit voitures. Les sections « Le modèle » et « Pourquoi celle-là » n'ont pas été retouchées.
Cette révision fait suite à un audit du 12 août qui a montré que deux des trois ventes n'apparaissaient pas dans l'inventaire du site : les maisons concernées écrivent le modèle « 675 » en poussant « LT » dans la version, et le filtre par modèle ne les rapprochait pas des « 675LT ». Les tableaux de ce dossier, qui interrogent la donnée brute, les comptaient déjà — c'est l'écart entre les deux pages qui a mis le défaut au jour.
Révision du 27 juillet 2026 : la première version de ce dossier, publiée la veille, annonçait une fenêtre du 24 avril au 24 juillet. Ces deux dates étaient décalées d'un jour par un défaut de conversion de fuseau horaire depuis corrigé, et la fenêtre s'est étendue avec le relevé du 27. Les effectifs, les bandes de prix et les médianes sont inchangés.
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